Ma petite grande nouvelle.

9 janvier 2020



J'ai longtemps attendu d'écrire cet article. J'ai longtemps attendu de pouvoir le dire à mes amis, ma famille. Mais ça y est : je suis enceinte. J'attends un bébé. Je vais être maman. Nous allons être parents. Tout ça à la fois.
La vie n'est pas un long fleuve tranquille et l'accès à la maternité n'est pas toujours simple.
J'espère ne peiner personne en l'annonçant et si c'est le cas, je ne peux que dire : je vous comprends. Et je prie pour que vous connaissiez aussi cette joie un jour.
J'ai aussi connu cette douleur intense quand des proches ou des inconnus annonçaient leur grossesse. J'ai connu ce sentiment mêlé entre bonheur pour ceux qu'on aime et déception de ne "pas y avoir le droit".


Je l'ai tellement attendu ce moment. Pendant longtemps, mon corps me faisait défaut à nouveau. Et c'était dur. Dur de devoir attendre, sans les attendre, chaque mois ses règles qui tardaient bien souvent à venir mais sans jamais annoncer cette belle nouvelle.
Dur d'y penser tout le temps, à chaque poussette qu'on croise, à chaque ventre rond qu'on aperçoit.
J'ai longtemps imaginé que j'aurai mon bébé avec moi le jour de mon mariage. C'était évident. Et puis, rien.
Les gens me disaient "arrête d'y penser, tu vas voir. ça va venir quand tu ne t'y attendras plus.". Mais comment arrêter d'y penser alors que c'était tellement présent dans nos esprits ?

Au bout d'un an et demi d'essai, nous avons alors commencé les examens médicaux, avec les résultats qui apportaient leurs lots de mauvaises nouvelles. Et cette sensation que, pour qu'on devienne parents, ça serait plus compliqué que prévu.
J'ai évidemment beaucoup culpabilisé. J'étais trop grosse pour tomber enceinte. J'étais trop fatiguée pour tomber enceinte. J'étais trop malade pour tomber enceinte. J'avais trop fait souffrir mon corps pour tomber enceinte. Tout était de ma faute. Du moins, c'était ce que je m'étais mis en tête. Et la gynécologue du centre de PMA qui me suivait n'a pas été tendre non plus. Me demandant des comptes sur mon poids à chaque fois qu'on se voyait, sans jamais prendre en compte mes antécédents ( qu'elle oubliait à chaque fois et que je n'ai plus eu la force de lui rappeler les rendez-vous passants...).
Le mariage est passé. Je n'ai plus vu ce médecin jusqu'à début septembre. J'ai vécu un des plus beaux étés de ma vie. J'ai été pleinement heureuse. J'ai enfin lâché prise. Après un an difficile d'évanouissements en pagaille, de troubles du comportement alimentaire revenus à la charge, d'heures passées à la salle de sport sans en voir un seul effet sur mon corps, de rapports planifiés et calculés tous les deux jours, j'ai tout lâché. J'ai tout relâché. J'ai accepté l'idée d'être grosse sur mes photos de mariage. J'ai accepté l'idée de ne pas être enceinte. J'ai arrêté de penser. J'ai mis mon cerveau en pause. J'ai juste profité, aimé, bu, mangé, dansé, nagé avec ma famille, mes meilleurs amis et l'homme de ma vie. Et c'était si bon.

Début septembre, nous sommes repartis à l'attaque. Nous avons pris la décision, avec cette gynéco, de commencer les traitements, en commençant notamment les piqures de stimulation ovarienne pour moi.
Les choses sérieuses allaient alors commencer.
Et j'ai eu cette chance inouïe, de tomber enceinte le cycle précédent le début des hostilités. Cette chance que beaucoup n'ont pas. J'étais tombée enceinte à la fin de mon été parfait.



J'ai mis du temps à accepter cette nouvelle. A la réaliser. A ne pas culpabiliser non plus. Pourquoi moi ? Alors qu'une de mes meilleures amies n'y a pas encore droit ?
J'ai d'ailleurs fait mon test au hasard un samedi soir à 1h du matin, sans du tout me dire que ça pouvait être positif, juste parce qu'un test trainait dans un coin et que je me demandais si j'allais quand même bientôt pouvoir commencer les piqures. Je n'ai pas tout de suite compris cette petite ligne fine que je ne voyais habituellement jamais. J'ai commencé à trembler, à appeler ma meilleure amie - enceinte de son 3ème. Elle ne me répondait pas. J'ai appelé une autre de mes meilleures amies infirmière qui travaillait de nuit et qui m'a confirmé cette belle nouvelle. Dans la foulée, j'ai appelé une autre de mes meilleures amies. Trois personnes ont été prévenues avant Antoine. J'avais pourtant longtemps pensé à la manière dont je pouvais annoncer à Antoine cette belle nouvelle quand elle arriverait, j'en ai bouffé des heures d'annonces de grossesse sur youtube. Et finalement, je suis montée le rejoindre dans la chambre, toute tremblante et je lui ai dit "Bon. J'crois que je suis enceinte. mais j'suis pas sûre. Donc peut-être mais bon. Pas sûr. ". Pour la belle annonce romantique, on repassera ...
Il s'est redressé dans son lit et m'a demandé si j'étais sérieuse, et puis a tout de suite calculé si on pouvait bien assister au mariage de deux amis très chers ( le sens des priorités ... ) (bon ok, j'y avais pensé aussi et la réponse est oui ! Ouf !).
4 tests de grossesse plus tard le lendemain matin, la réponse était bien oui. J'étais enceinte. Et on avait quand même encore du mal à le croire...

Aujourd'hui, je suis dans mon cinquième mois. Nous sommes heureux. Et nous avons hâte que ce bébé arrive.


Photos : Thomas M Photography

5 commentaires

  1. Ah lala je m’en souviendrais toute ma vie de l’annonce. Si heureuse pour toi. Pour vous. Vous serez de si bons parents et toi une super maman. Jt’ m

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  2. Je me reconnais dans le début de ton article... Les règles qui arrivent avec leurs lots de pleurs et de culpabilité... Ça va faire un an qu'on essaie j'ai pris rdv avec ma gynéco pour débuter les examens en février on verra bien... Mais tu donnes de l'espoir qu'il faut continuer d'y croire et de se battre... Toutes mes félicitations en tout cas et vis pleinement ce moment

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  3. Tout émue de lire ces mots ��
    Encore félicitations pour cette nouvelle aventure magique !

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  4. Félicitations ♥ Je suis trop heureuse pour vous, ton texte est émouvant. Tu mérites ce bonheur et tu seras une super maman pleine d'amour !

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  5. Toutes mes félicitations ! Je vous souhaite beaucoup de bonheur ! Tu as raison, le corps est parfois drôlement bien fait... J'en suis pour preuve... censée être infertile à cause d'une endométriose sévère... j'ai eu mon premier bébé il y a en novembre dernier, grâce à une FIV... et là, je suis enceinte, dans mon 4e mois, naturellement. Sans avoir attendu ni programmé ce bébé.

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Merci pour vos p'tits mots. <3

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