Dans quelques semaines, je serai maman. Ăa y est. On y est. Je ne sais pas quelle maman je serai. C'est fou de plonger dans cet inconnu. Je sais l'amie que je suis, la maitresse, la soeur, la fille, la femme. Enfin, je crois savoir en tout cas. Mais ĂȘtre maman, le rĂŽle de ma vie comme on dit : je n'ai aucune idĂ©e. Est-ce que je vais ĂȘtre stricte ? Laxiste ? Maman poule ? Maman distante ? Est-ce que je vais savoir me dĂ©faire de mes nĂ©vroses alimentaires hĂ©ritĂ©es de gĂ©nĂ©rations en gĂ©nĂ©rations pour laisser ma fille tranquille ? Est-ce que je vais pouvoir la confier Ă d'autres personnes sans avoir cette peur panique qu'il lui arrive la mĂȘme chose qu'Ă moi ? Est-ce que je vais me relever la nuit pour l'Ă©couter respirer ? Est-ce que je vais pleurer quand elle arrivera sur moi pour la premiĂšre fois ? Est-ce que je vais m'Ă©nerver quand la fatigue me poussera Ă bout ? Est-ce que je vais l'aimer pleinement tout de suite ? Est-ce qu'elle va me ressembler ? Est-ce que je vais savoir la rendre heureuse ? Est-ce qu'avec son pĂšre, nous arriverons Ă nous mettre d'accord sur les principes Ă©ducatifs les plus essentiels ? Est-ce que je vais rĂ©ussir Ă me dĂ©faire de mes Ă©crans pour l'en protĂ©ger ? Est-ce que je vais m'habituer aux pleurs ? Aux incertitudes qui vont ponctuer notre vie avec un enfant ?
Tant de questions. Si peu de réponses. Mais la grossesse qui arrive à son terme, cette grossesse qui m'a clairement poussée dans mes retranchements.
J'ai été malade, tellement malade : à en vomir dans la rue, sur mes chaussures et sur ma robe. J'ai été tellement malade que nous avons du annuler notre voyage aux Etats-Unis.
J'ai été épuisée, tellement épuisée à en pleurer.
Il aura mĂȘme fallu qu'on m'oblige Ă me reposer, que j'accepte de laisser mes Ă©lĂšves, que j'Ă©coute mon mari, mes proches et certains de mes collĂšgues pour qu'enfin je puisse goĂ»ter Ă plus de sĂ©rĂ©nitĂ©. Et j'ai tellement culpabilisĂ© encore une fois. J'aurais tellement voulu avoir cette grossesse Instagram Ă jongler entre le boulot, le sport et les travaux de la chambre.
Au lieu de ça, j'ai tout arrĂȘtĂ© et c'est une de mes meilleures amies et Antoine qui ont fait les travaux de la chambre. Je les ai mĂȘme regardĂ©s faire.
J'ai grossi. Encore. Alors que depuis que je veux tomber enceinte, je me dis naĂŻvement que Ă©tant dĂ©jĂ grosse, je n'allais pas encore plus grossir, que le bĂ©bĂ© allait piocher dans les rĂ©serves. Non, j'ai fait d'autres rĂ©serves. Encore. J'ai eu de la chance de n'avoir, pour le moment, aucune remarque de la part des professionnels de santĂ© sur mon poids, ni de la sage-femme, ni du gynĂ©cologue, ni de l'endocrinologue. Et ça, ça a Ă©tĂ© un vrai soulagement. Car je n'ai pas pu m'empĂȘcher de m'en vouloir dĂ©jĂ assez Ă moi-mĂȘme. Le changement de mon corps a Ă©tĂ© brutal, entre l'arrĂȘt du sport et la prise de poids. Ăa a Ă©tĂ© trĂšs dur de me regarder dans un miroir, de voir mon ventre s'arrondir toujours plus. Je n'arrivais pas Ă me projeter comme, encore une fois, la perfect Insta Mum to be : la femme enceinte parfaite qui ne prend que du ventre, qui n'a pas de vergetures, pas de cellulite et qui continue Ă soulever de la fonte et faire des bons petits plats Ă 9 mois de grossesse.
C'est fou cette pression quand mĂȘme de la femme enceinte parfaite qu'on peut nous mettre et se mettre dans la tĂȘte. Je crois avoir quand mĂȘme un peu de recul sur ce qu'on impose aux femmes, je pense ĂȘtre un peu informĂ©e des diktats sociaux et culturels qu'on impose aux femmes. C'Ă©tait sans compter ceux qu'on impose aux femmes qui attendent un enfant.
Et j'ai foncĂ© droit devant. J'ai culpabilisĂ© d'avoir grossi, culpabilisĂ© d'avoir 3 vergetures de plus sur mon ventre, culpabilisĂ© de ne pas avoir prĂ©parĂ© ma valise de maternitĂ© Ă 6 mois de grossesse ( valise qui n'est toujours pas commencĂ©e Ă bientĂŽt 8 mois ... ), culpabilisĂ© de pleurer, culpabilisĂ© d'avoir dĂ©veloppĂ© du diabĂšte gestationnel. J'ai culpabilisĂ© de ne pas avoir assez lu sur la maternitĂ© et d'avoir plutĂŽt dĂ©cidĂ© de finir mes sĂ©ries en cours. J'ai mĂȘme culpabilisĂ© de porter la vie dans le monde dans lequel on vit.
Et puis il y a eu tous ces beaux moments. Il y a dĂ©jĂ eu chaque Ă©chographie oĂč j'ai eu cet Ă©lan d'amour pour la petite baleine que je voyais barboter Ă l'Ă©cran. C'Ă©tait fou. Il y a eu les petits mouvements, d'abord lĂ©gers, presque imperceptibles jusqu'Ă ce qu'elle prenne toute la place et que chacun de ses mouvements fasse une vague sur mon ventre. J'ai pu passer parfois une heure Ă ne rien faire, juste Ă la regarder bouger dans mon ventre en Ă©coutant ma musique et en faisant glisser mon bola de grossesse dans un sens et de l'autre. Et Ă chaque fois, j'Ă©tais toujours aussi attendrie et amoureuse d'elle.
Il y a eu aussi les annonces Ă la famille et aux amis. Tous savaient bien la difficultĂ© qu'on avait Ă avoir ce bĂ©bĂ©. Et tous ont explosĂ© de joie pour nous, mĂȘme si certains s'en sont Ă©videmment doutĂ©s.
C'est fabuleux de sentir que tant de personnes partagent notre joie. MĂȘme si je me suis sentie parfois un peu seule dans cette belle aventure, je n'ai jamais doutĂ© de l'engouement de nos proches autour de cet enfant Ă venir.
Il y a eu ensuite cette pĂ©riode de confinement. Ne plus voir ses amis et sa famille pour les derniers moments de la grossesse. Ăa a Ă©tĂ© un peu dur, et puis ce n'est pas fini. Faire une croix sur sa baby shower, sur les Ă©changes bien rĂ©els, sur les derniĂšres soirĂ©es, les derniers cinĂ©s, les derniers moments plus insouciants sans bĂ©bĂ© ...
Cette période est tellement particuliÚre, pour chacun et chacune d'entre nous : entre incertitudes sur l'avenir et manques des uns et des autres. Je pense notamment à mes amies qui se marient cet été, et qui ne savent pas ce qu'il en est.
Mais c'est vrai que dĂ©jĂ , la perspective d'accoucher sans Antoine ça a Ă©tĂ© vraiment trĂšs compliquĂ©, et trĂšs douloureux. La perspective ensuite d'un sĂ©jour Ă la maternitĂ© sans ses visites avec mon premier bĂ©bĂ© dont je ne suis mĂȘme pas sĂ»re de savoir m'occuper correctement : ça a Ă©tĂ© trĂšs dur. Et puis finalement, la maternitĂ© dans laquelle j'accouche est une des rares Ă accepter encore les papas en salle d'accouchement et en visite. Alors j'ai pu souffler. Et aborder l'accouchement un peu plus sereinement.
Aujourd'hui, je suis dans ma 35Ăšme semaine. Mon bĂ©bĂ© doit faire pas loin de 3 kilos. Elle gigote quand mĂȘme toujours autant, c'est qu'elle ne doit pas se sentir si Ă l'Ă©troit que ça ... Je ne quitte toujours pas mon bola de grossesse, parfois mĂȘme en pyjama. Je dors avec un coussin d'allaitement qui prend toute la place, je bouge toujours autant que d'habitude dans le lit mais les gĂ©missements en plus. Je m'endors d'ailleurs souvent en rĂąlant que j'ai mal partout.
Je prĂ©pare son arrivĂ©e, je range, je fais ce que je repoussais tout le temps. Et puis, on regarde des films cultes qu’on n’a jamais vus, on dort, on profite d’ĂȘtre une famille de deux. Avant d’ĂȘtre une famille de trois.
Les photos ont été prises il y a 2 mois.
Robe : Roxine Club
Bola: Aismée
Bottines : Doc Martens

Félicitations à toi pour cette petite fille tant attendue qui semble en pleine forme!
RĂ©pondreSupprimerJuste un conseil : tu vas justement recevoir pleins de conseils, mĂȘme quand tu n'en demandes pas, de la part de TOUT le monde. Apprends Ă en faire fi et Ă faire ce que toi, tu ressens comme Ă©tant bon pour ton bĂ©bĂ© et toi. (c'est cocasse conseiller de ne pas Ă©couter les conseils non demandĂ©s).
HĂ©las, tu constateras les injonctions sur les femmes continuent mĂȘme aprĂšs l'accouchement continuent : retrouver la ligne, ĂȘtre une super maman, avoir un bĂ©bĂ© insta...
Je vous souhaite Ă vous 2 une belle rencontre avec votre mini-b!
Coucou
RépondreSupprimerNe doute à aucuns moments de toi, tu es fabuleuse, cette petite fille sera entre de trÚs bonnes mains, son papa et toi allez la combler de bonheur.
Que du BONHEUR Ă VOUS TROIS đđđđđ
Amicalement Ămilie
Merci pour votre article, vos photos sont magnifiques !
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